De KYOTO au développement local en passant par le Saule têtard

Les paysages de plaine alluviale du Parc naturel des Plaines de l'Escaut ont toujours été rythmés par la présence abondante de saules têtards. Utilisé pour délimiter les prairies, abriter le bétail ou maintenir les berges des cours d'eau, de tout temps cet arbre a fait partie intégrante de notre patrimoine paysager et culturel. Du point de vue de la conservation de la nature, il accueille une flore et faune particulièrement intéressantes. Jusqu'il y peu, la taille en têtard trouvait une valorisation économique (bois de chauffage, vannerie…). La fin de cette dernière fonction risque bien de sonner son glas… Michaël Cotton, éco-conseiller au Parc naturel des Plaines de l'Escaut, nous explique comment il réfléchit à soutenir la mise en place d'une filière Bois-Energie.

Dès la création du Parc naturel en 1996, la problématique de la pérennité des saules têtards a été une préoccupation en relation avec leurs impacts sur le paysage et la biodiversité. Le Parc naturel en a d'ailleurs fait son emblème. Deux perspectives apparaissaient alors : subventionner l'élagage ou créer un débouché pour les produits de la taille. La première solution expérimentée par ailleurs sur d'autres territoires de Parc naturel n'étant concevable durablement, le Parc naturel des Plaines de l'Escaut s'est donc naturellement investi dans la seconde solution. Dans le cadre de ses missions , le Parc naturel a engagé une importante réflexion sur les possibilités de valorisation des produits de l'entretien des saules têtards pour que ceux-ci continuent à participer pleinement à la qualité de nos paysages et à sa biodiversité.

La première étape a consisté à examiner le gisement potentiel (nombre de saules têtards et assimilés). Michaël Cotton et ses collègues ont effectué des enquêtes en vue d'envisager les potentiels de compétences et les capacités techniques locales disponibles auprès des agriculteurs, des professionnels, et des communes du territoire.

La seconde étape est de bénéficier des expériences similaires, il a observé ce qui se faisait en Région wallonne, en France et en Suisse. Hormis la technique du compostage, le débouché le plus " rentable " lui est apparu comme étant la valorisation énergétique dans une chaudière à bois. Dans le cadre du Plan Bois-Energie de la Région wallonne, Michaël Cotton a même eu l'opportunité de participer à des visites en Jura suisse et français concernant des filières et installations de chaudières à bois.
La troisième étape, afin de parvenir à amorcer une filière locale autonome, est de rassembler les conditions financières favorables (investissements par les Communes en développement rural, aides dans le cadre du Plan Bois-Energie ou du Phasing out de l'Objectif 1) et l'expertise technique nécessaire (Fondation Rurale de Wallonie, Institut Wallon, Équipe Régionale Biomasse Énergie).

A partir de cette phase d'amorçage et d'expérimentation impliquant tous les acteurs locaux et en activant les outils existants, Michaël Cotton et l'équipe du Parc naturel initient une plate-forme de développement de filière économique locale durable. Economie, diversification, gestion du paysage et développement du patrimoine naturel pourront ainsi être réconciliés.

Cette vision personnelle de la promotion des énergies renouvelables, le Parc naturel des Plaines de l'Escaut l'a développé en accord avec ses missions et ses préoccupations, associant étroitement des aspects sociaux, culturels, environnementaux et économiques, et en parfaite application du principe "réfléchir globalement pour agir localement".

Contact
Parc naturel des Plaines de l'Escaut | 069/77 98 70

>> Liste des 21 projets