Prévention des déchets dans les quartiers défavorisés

Pour trouver des solutions à la problématique des déchets, l'Institut Bruxellois de Gestion de l'Environnement (IBGE) a mis en œuvre, ces dernières années, des moyens pour informer et sensibiliser la population bruxelloise à la question de la prévention et de la gestion des déchets. La population des quartiers défavorisés ne pouvait pas être oubliée.

La question de la production des déchets est liée au comportement d'achat et de consommation des produits. C'est une donnée liée aux habitudes du consommateur, de son niveau social, de sa culture… Parmi les rôles de l'IBGE, l'un d'entre eux est d'élaborer des stratégies d'information qui tiennent compte de l'avis et de la spécificité de l'interlocuteur. Pour réaliser, cette démarche, l'IBGE a confié à Abdesman Alami la tâche de travailler sur un projet de minimisation des déchets au sein de la population des quartiers défavorisés.

L'objectif de ce projet rentre dans l'esprit de cette réflexion basée sur la mise en place d'un certain nombre d'actions visant à comprendre la sensibilité de cette population aux problèmes d'environnement, plus particulièrement la gestion et la prévention des déchets, à identifier les freins et les leviers pour l'adoption du " comportement moins de déchets " ainsi qu'à identifier les moyens de communication les plus efficaces pour véhiculer l'information nécessaire pour assurer ce changement de comportement et surtout sa durabilité.

Dans le but d'avoir une idée des comportements de l'ensemble de la population des quartiers défavorisés, Abdeslam Alami a souhaité développer des projets avec différents publics-cibles : les ménages, les femmes, les petits commerçants et les enfants. Pour entrer en contact avec la population de ces quartiers, une stratégie s'est imposée : construire un réseau - commune, associations et individus. Là, si non un premier succès, une première satisfaction… l'enthousiasme est au rendez-vous. Commune, associations et même population acceptent de participer… L'action répond vraiment à une demande !
La deuxième étape consiste à construire un projet spécifique qui répond aux besoins de la population… Les différents acteurs sont associés aux prises de décisions.
La troisième étape, elle, réside dans l'information sur l'état de la production des déchets au sein des petits commerces, des ménages et de l'école. Un acte qui a nécessité toute une procédure de visites sur le terrain, d'animations, de questionnement et surtout d'écoute. A la suite de ce travail, des solutions, ou en tout cas des ébauches de solutions, sont proposées aux intéressés qui sont invités à participer à la prise de décision.

Ce projet a été réalisé dans le cadre d'un stage de la formation d'éco-conseiller, en six mois donc. Malgré ce délai très court, dans un contexte difficile, des résultats sont déjà à noter… L'action destinée aux petits commerçants dans la rue de Brabant n'était pas la plus facile à réussir… La situation était plutôt conflictuelle entre les commerçants, l'Agence de Bruxelles Propreté et la Commune. L'éco-conseiller a joué son rôle d'interface entre les différents acteurs et est parvenu à convaincre les commerçants des enjeux… au point que l'association des commerçants a accepté de jouer le jeu du tri et a, à son tour, introduit un projet de prévention des déchets auprès de l'IBGE.
Grâce aux contacts avec le Groupe d'Animation et de Formation des Femmes Immigrées (GAFFI), Abdeslam Alami a pu mieux définir de la sensibilité de cette population à la problématique environnementale, leurs habitudes d'achats et de consommation et de là trouver le moyen le plus efficace pour entrer en contact avec elle.

Les élèves des écoles du quartier ont découvert la prévention des déchets par le biais d'un spectacle " Lise, le roi et Tartinou " et d'animations. L'école s'est alors lancée dans un projet de gestion du papier.
Dans un complexe de logements sociaux de Bruxelles-Ville, une action de prévention des déchets " Moins de déchets au Vautour " était également menée. Les deux éco-conseillers concernés ont pu ainsi jeter des ponts et bénéficier de l'expérience de l'autre, prouvant une nouvelle fois l'intérêt de travailler en réseau.

Les résultats sur le terrain sont encourageants et prometteurs… L'intérêt majeur du projet réside sûrement dans la masse d'informations acquises sur le comportement de la population des quartiers défavorisés et sur la façon d'aborder ce thème avec elle.

Un tel projet, en dehors de l'investissement humain important de l'éco-conseiller, des associations locales et de la population, ne nécessite finalement qu'un faible budget… 25.000F pour le spectacle " Lise, le roi et Tartinou ".

La population des quartiers défavorisés est en grande partie d'origine étrangère. Abdeslam Alami pense dès lors que sa proximité culturelle était vraiment un atout dans ce travail, et pas seulement pour les facilités de communication. Elle ne peut toutefois suffire. Développer une stratégie adaptée à ce public demande aussi une grande énergie et une disponibilité importante. A condition d'y mettre les moyens, la démarche entreprise est certainement transposable dans d'autres quartiers similaires.

Finalement, le plus important était le contact humain qui s'est avéré pour chacun enrichissant et bénéfique… Il reste à espérer que la dynamique créée dans les associations permettra le maintien de la prise de conscience et du changement de comportement. La démarche appliquée pour la prévention des déchets pourrait être élargie vers un thème d'éco-consommation plus global… La population de ces quartiers peut elle aussi agir pour tendre vers une consommation soutenable, levier important d'instauration d'un développement durable.
Contact
Abdesman Alami | 0478/93 27 04

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