Quand un dépotoir illégal pollue les relations entre l'autorité communale et les riverains…

Depuis 1995, un conflit oppose les habitants de la rue du Bois d'Haine à Besonrieux à un entrepreneur en démolition, qui déverse régulièrement sur un terrain des déchets, en principe inertes, mais suspectés de contenir des boues, des déchets de ciment, des cendres de pneus brûlés, etc. Et ce, sans autorisation ! Plaintes et procès-verbaux se succèdent. La Police communale, la Police de l'environnement et même le Parquet interviennent. Le dossier aboutit entre les mains de la justice… Néanmoins, les riverains estiment que la situation n'évolue pas suffisamment et accusent la Commune de laxisme… La Ville de La Louvière s'est engagée dans une procédure de réhabilitation du site. Elle fait alors appel à Espace Environnement afin de négocier une solution acceptable avec les riverains.

L'objectif de la démarche d'Espace Environnement est de faire le point sur l'état de la situation avec toutes les parties concernées, pour construire ensemble un aménagement satisfaisant du site et de restaurer ainsi des relations de confiance entre les riverains et les multiples services de la Ville (environnement, Travaux, Police, contentieux…)

Concrètement, une première rencontre avec les services de la Commune est organisée… le problème est exposé dans son ensemble. La Ville dispose de trois possibilités d'action pour " débloquer " le dossier : une action en cessation, une remise en état des lieux et la mise en place d'un plan de réhabilitation. C'est cette dernière solution qui semble la plus adéquate, accompagnée d'une action en cessation pour ce qui concerne les déversements de déchets. Espace Environnement propose une démarche de concertation dans laquelle il serait amené, en tant qu'organisme indépendant, à jouer son rôle de médiateur afin de dégager une solution satisfaisante pour tous. Ceci comporte un programme préparatoire à la réunion souhaitée par la commune. Lors d'une seconde rencontre avec les services communaux, Espace Environnement récolte les informations nécessaires à la réalisation de sa mission et procède à l'étude approfondie du dossier. Des contacts sont pris avec les riverains réunis en comité restreint… But : présenter Espace Environnement, son rôle et ses limites… et bien sûr, faire approuver la démarche.
Suite à ce premier contact, une réunion de quartier est organisée, élargie à l'ensemble des habitants concernés par les nuisances. Ceux-ci sont invités à participer au moyen d'une circulaire toute-boîte distribuée en 50 exemplaires dans le quartier. Des attentes et observations sont récoltées.
Un document de synthèse est réalisé et discuté avec l'Echevin de l'Environnement et les services communaux (Urbanisme et Police). Plusieurs remarques utiles des riverains viennent enrichir la réflexion communale sur le dossier. Parallèlement, le propriétaire du site est informé de la démarche par courrier.
En juin 1999, la réunion de concertation est organisée et animée par deux éco-conseillers d'Espace Environnement. Elle réunit les représentants de la commune (bourgmestre, échevin, secrétaire communal, juriste, commissaire de police, éco-conseiller) et les représentants des riverains. Il y est fait état de la démarche globale et de ses limites (fournir une aide à la décision au Collège échevinal). Les questions relatives aux relations entre les divers acteurs du dossier et les constatations sur le site sont évoquées franchement en début de réunion, avant de passer à l'examen approfondi des problèmes et aux propositions de solution.

Les discussions ont permis d'aplanir les différents et d'aboutir à des propositions de solution réunies dans un document " d'aide à la décision " pour le Collège échevinal, qui reste maître du contenu du permis à délivrer dans le cadre de la réhabilitation du site. Les partenaires ont convenu de maintenir des relations suivies autour de ce dossier, par l'entremise de délégués des riverains.

Gilles Meeus, éco-conseiller et médiateur à Espace-Environnement constate que toutes les parties sont heureuses de l'aboutissement de la démarche. Les relations litigieuses ont été éclaircies : beaucoup de malentendus ont été levés. Le dossier a retrouvé sa cohérence aux yeux de tous. Les éléments apportés par les riverains sont pris clairement en compte dans le projet d'aménagement. Chacun reconnaît l'intérêt de poursuivre les relations et d'en tenir informés les autres intervenants mieux que ne le prévoit un simple suivi administratif. Gilles Meeus souligne que cet aboutissement n'est pas le simple résultat d'une " bonne " réunion : un travail préparatoire d'écoute des points de vue divergents et d'analyse des éléments nouveaux permet une nouvelle vision du problème par tous, dans une ambiance plus confiante.
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