Reconstruire l'unanimité autour d'une plaine de jeux

C'est en mai 1994 que la commune de Courcelles a installé un des premiers agoraspaces de Wallonie, à Souvret. Proche d'une cité sociale, cette aire de jeux multisports (mini-foot, basket, volley…) remporte très vite un vif succès auprès des jeunes. Outre ceux du quartier, elle en attire beaucoup d'autres, extérieurs à la cité, voire à l'entité. Si cette affluence montre l'intérêt que suscite cet espace auprès des jeunes, il n'en est pas de même pour les riverains qui vivent parfois mal cette cohabitation imposée. Rapidement, des tensions voient le jour entre jeunes et adultes d'une part, et entre adolescents et jeunes enfants d'autre part. C'est dans ce contexte difficile que l'asbl Espace Environnement est appelée par quelques habitants.

Un toute-boîte est distribué dans tout le quartier pour convoquer une réunion. En accord avec ces habitants, Espace Environnement organise une réunion élargie afin d'entendre et de recueillir un maximum d'avis sur la question. C'est une technique à laquelle l'asbl recourt souvent de manière à ne pas se limiter à un conflit individuel.

Les tensions entre groupes sont telles qu'ils seront tout d'abord rencontrés séparément. Cette première réunion permet aux riverains d'exprimer leurs plaintes, leur vécu, d'établir un relevé des nuisances, d'évaluer l'impact du " problème " dans le quartier, d'organiser l'information et de dégager des pistes de solutions. Un aménagement " concerté " des abords de l'Agora apparaît être prioritaire.

Serge Bastin, éco-conseiller et architecte-paysagiste à Espace Environnement, effectue un relevé topographique et dessine une esquisse sur base des premières attentes de la population. Un écran de verdure entourerait le site pour améliorer l'intégration paysagère, et empêcher la projection de balles. Parallèlement, la commune est informée et accepte de libérer un budget pour la réalisation des aménagements.

Un avant-projet est soumis aux adultes, puis aux enfants au cours de réunions séparées, ainsi qu'à quelques adolescents dans la rue. Chacun réagit quant à l'emplacement d'un parking " vélo ", la circulation sur les sentiers… Un échange et une négociation s'engagent en fonction de ce qui est possible.

Sur base de l'ensemble des remarques lors de ces diverses rencontres, un projet final est proposé en réunion plénière, passage incontournable pour redonner une cohésion sociale entre enfants, jeunes et adultes. Le dialogue se noue. Chacun a le sentiment d'avoir été entendu et de retrouver dans le plan des éléments qui correspondent à ses besoins.

Il a fallu plus de 4 ans avant que la Commune ne réalise les travaux d'aménagements. Les habitants étaient déçus mais pas résignés… avec l'aide d'Espace Environnement, ils ont continué à interpeller leurs élus.

Malgré les difficultés rencontrées, Serge Bastin estime que le travail de médiateur et le processus participatif peuvent être menés de front par des éco-conseillers. Il pense néanmoins que l'intervention d'un éco-conseiller technicien, dans ce cas un architecte-paysagiste et d'un éco-conseiller animateur est indispensable. Tout en s'intégrant dans la démarche participative, l'éco-conseiller technicien a, grâce à son savoir-faire d'expert, contribué à enrichir le processus et à concrétiser le travail. 

Contact
Serge Bastin | Espace Environnement | 071/300 300

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