Biodiversité, un contrat longue durée à Pont-à-Celles

Même si la mobilisation des acteurs locaux est souvent une tâche ardue, le contrat biodiversité de la Commune de Pont-à-Celles tient la route depuis 1993…

En avril 1993, la Fondation Roi Baudouin lançait, en collaboration avec la Région Wallonne, un appel pour la mise en place de " Contrats Biodiversité ", en fait les premiers Contrats locaux de développement durable en matière de biodiversité. L'objectif de cette action était, dans cinq communes pilotes, de faire sortir la gestion du patrimoine naturel du cercle trop restreint des défenseurs de la nature. Pour ce faire, il fallait associer à cette gestion tous ceux qui dans les secteurs social et économique pouvaient à un niveau local trouver un intérêt dans la sauvegarde et le développement de la biodiversité.

A l'époque, 40 partenariats avaient posé leur candidature pour préparer dans leur commune un contrat de ce type. Les cinq communes sélectionnées, dont Pont-à-Celles, ont reçu un soutien méthodologique et financier de la Fondation Roi Baudouin.

Sur base d'un état des lieux scientifique, le partenariat de Pont-à-Celles, tout comme celui des 4 autres communes lancées dans cette aventure, a négocié et signé sa charte communale de biodiversité. Cette charte présente une politique de sauvegarde et de développement du patrimoine naturel spécifiquement adaptée à la commune, politique qui se traduira dans des projets concrets à réaliser à court, moyen et long terme. L'ensemble des partenaires s'est engagé à tout faire à leur niveau pour faire respecter ce texte et concrétiser réellement les différents projets.

Pour la Fondation Roi Baudouin, les " Contrats biodiversité " ont très vite constitué un modèle d'intervention de terrain : soutien et initiation de projets pilotes, mise au point d'une méthodologie avec l'aide des acteurs de terrain, collaboration avec les autorités locales et régionales… et enfin, après évaluation, transfert de la démarche vers les pouvoirs publics qui ont ainsi eu la possibilité de développer l'expérience sur une plus grande échelle. C'est ainsi que sont nés en Région Wallonne les PCDN, Plan Communaux de Développement de la Nature.

Le "Contrat Biodiversité " de Pont-à-Celles tient la route depuis 1993… et sur ses bases, un Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) est en cours d'élaboration.
Sept années qui ont vu maints projets se concrétiser… Une zone d'intérêt biologique et paysager d'1,8 ha et un autre site humide de 9 ha ont été acquis par la Commune puis aménagés en refuge naturel. Un comité de gestion gère maintenant ces 2 sites. Le but du " contrat biodiversité " est de favoriser la nature ordinaire… C'est pourquoi, des terrains a priori biologiquement moins intéressants, comme le parc du prieuré en plein centre du village de Pont-à-Celles, ont été mis en valeur… plantations d'arbres, d'arbustes indigènes et d'anciennes variétés fruitières en haute-tige. Plusieurs jardins naturels de démonstration ont été créés dans des propriétés tant publiques que privées. Ceux-ci, et quelques jardins de particuliers, font l'objet de visites lors des journées " jardins ouverts ".

Les agriculteurs, et c'est heureux, participent également au " Contrat Biodiversité "… Diverses réunions et conférences, notamment sur les mesures agri-environnementales, sont venus alimenter les débats… d'où ont émergé quelques expériences-pilotes telles un audit agro-environnemental chez un exploitant en reconversion en agriculture biologique, une évaluation des avantages et inconvénients des tournières, le contrôle du matériel agricole, la création d'un verger d'anciennes variétés en culture intégrée…

Peut-être plus que dans tout autre domaine, la sensibilisation et l'information sont indispensables… Depuis 1994, un bulletin " Biodiversité " est distribué chaque année en toutes-boîtes lors de la " Semaine de l'Arbre " et depuis 1997, un bulletin de liaison trimestriel est envoyé aux membres du groupe " biodiversité "ainsi qu'à divers publics ciblés (conseillers communaux, écoles…). L'organisation d'éco-ateliers, de visites de fermes pour les jeunes, de la fête de la réserve naturelle… participent aussi à la sensibilisation.

Les actions de sensibilisation doivent être nombreuses et diversifiées… La formation de citoyens bénévoles qui, à leur tour, relayeront le message est un moyen d'y arriver. La Commune de Pont-à-Celles a offert à ses citoyens une formation de " guides-composteurs " et une à l'éco-pédagogie. Deux des participants à cette formation se sont notamment lancés dans la profession d'animateur " environnement " et sont membres fondateurs de l'asbl CRIE de Viesville. Des dynamiques telles que les " Contrats Biodiversité " et les " PCDN " permettent souvent de déboucher sur des initiatives que personne n'aurait osé imaginer auparavant… Se sentant dans une démarche constructive, les habitants donnent de leur temps, de leur savoir, savoir-être et savoir-faire, et ce au profit de tous. Une chose est sûre créer un réseau écologique n'est possible que s'il peut se baser sur un réseau humain…

Lancer un " Contrat Biodiversité " nécessite vraiment un investissement en temps pour la Commune… Au cours de toute l'élaboration de la charte, l'éco-conseillère y a consacré la moitié de son temps. Depuis que le projet est dans sa phase de croisière, elle continue à y travailler une demi à une journée par semaine. D'un point de vue financier, l'élaboration de la charte et une partie de sa concrétisation ont été soutenue par la Fondation Roi Baudouin à concurrence d'un million. Dans le cadre de l'Année Européenne de la Conservation de la Nature, un budget d'environ 600.000F a été attribué au " Contrat Biodiversité " par la Région Wallonne. Les diverses acquisitions et les aménagements de zones humides ont pu être possible grâce à des subsides de la Région Wallonne et de l'Europe (LEADER). D'autres petits projets ont bénéficié des subsides " Semaine de l'Arbre " de la Région wallonne.

Hélène Goethals, cheville ouvrière de ce projet depuis ses débuts, est enthousiaste devant le chemin parcouru. Néanmoins, elle relève combien la mobilisation des acteurs locaux est une tâche ardue. Les citoyens, membres ou non d'associations locales, ayant été peu nombreux à se mobiliser, le partenariat s'essouffle un petit peu. Elle garde espoir et pense qu'avec le passage au PCDN et le démarrage de divers projets environnementaux de leur Programme d'Innovation Rurale, un élargissement du partenariat permettra une plus grande sensibilisation de la population. Ce qui lui semble bien nécessaire… Pour elle, le changement des habitudes et des mentalités concernant la " nature sauvage " est lent, comparativement à la dégradation rapide de certains éléments du maillage écologique comme les haies et les chemins creux… Le bilan peut parfois paraître décevant.

Dans le cadre de l'élaboration du PCDN, un bilan quantitatif et qualitatif en matière de réseau écologique, sur base cartographique (inventaire 1991 et 1999) a été dressé. Il va permettre de définir de nouvelles priorités et donc… de nouveaux projets ! Travailler pour la Nature, c'est forcément travailler dans le long terme… Hélène Goethals et les partenaires du PCDN de Pont-à-Celles comptent bien apporter leur pierre afin de vaincre la " peur de la nature " ancrée dans notre civilisation. Autre souhait de l'éco-conseillère : ouvrir le PCDN aux autres aspects de l'environnement.

Contact                                                   
Hélène Goethals | 071/84.90.62 | Administration communale de Pont-à-Celles